Pour l'interro !

ñandu
On suppose que les premiers hommes à se balader en Amérique venaient d' Asie par le détroit de Bering, il y a une trentaine de milliers d'années. D' Alaska ils sont descendus tout doucement, semant au passage les germes de grandes civilisations (hop là quelques graines d'aztèques et de mayas au Méxique ; deux ou trois pépins d' inca au Pérou...). Toujours plus au sud. Du coup la Patagonie est le dernier endroit de la planète à avoir été peuplé. Les premières traces de présence ici ont 11 000 ans. Ces steppes d'après le degel étaient déjà parcourues par le giboyant guanaco, le concurrentiel puma, le volatile ñandu ... et elles le sont toujours.
Ces natifs "aimables et sympathiques" sont surnommés "Patagons", du nom d'un géant de roman.
Les peuplades de chasseurs nomades ou de pécheurs (assez résistants pour rester immergés dans les eaux glacées du détroit à la recherche de coquillage !) ont aujourd'hui disparues. Elles ont été décimées par des maladies bénines venues d'Europe, enfermées par décrets sur des terrains clôturés ou massacrées. La région est aujourd'hui peuplée par les petits-enfants des pionniers européens (britaniques, allemands, autrichiens, hongrois ...).
Jusqu'à cette dernière génération les "indios" (métis) étaient meprisés. La grand-mère de notre amie Yanina est une descendante des indiens Tehuelche. Elle parle encore la langue, mais aux journalistes qui viennent la voir pour un enregistrement elle ne décroche pas un mot, ou leur raconte des blagues !
piche ou tatou de Patagonie
puma (appelé ici león)

guanaco









Un soir on arrive dans une clairière étrange. On sent comme une présence, peut être de celui qui a laissé ces traces : foyers, bouteilles vides, matelas défoncé. Abrités par une haie de peupliers et sous des pommiers, on essaye de s'endormir malgré le remue-ménage des chevaux et leur mastication convaincue... l'herbe est verte !
On les surveille de près, leur cherchons des pâturages, de l'eau, et négocions chaque pas (il faut dire qu'ils ne sont pas ferrés et que le terrain est souvent rocailleux). Bons et heureux souvenirs de leur compagnie, des paysages, des odeurs, du vent qui déporte, du soleil, un peu de pluie, juste un peu histoire de dire, Marc qui se transforme petit a petit en cavalier, qui monte et descend du cheval comme d'un rien, le selle, trop facile, trotte,... un gros écart, mais non, même pas tombé, parfait équilibre, ça !


